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Affaires. Louis Sarkozy lance un mystérieux cercle d’influence franco-américain

SARKO. Le fils de l’ancien président de la République, battu aux municipales à Menton, vient de lancer un club transatlantique avec l’appui de son beau-père Richard Attias.

Àla tête de Richard Attias & Associates, un groupe basé à New York et spécialisé dans l’organisation de sommets visant à réunir des figures du monde de la finance, de l’entrepreneuriat et de la politique, Richard Attias est aussi, sur un plan plus personnel, le beau-père de Louis Sarkozy. Alors, quand le fils de l’ancien président Nicolas Sarkozy et de Cecilia Attias veut à son tour se lancer dans le business de la communication franco-américaine, cet ancien de Publicis n’hésite pas à donner un coup de main.

Ces derniers jours, Richard Attias a sorti sa plus belle plume pour envoyer une série de messages à d’influents patrons. « Mon beau-fils, Louis Sarkozy, vous a adressé une invitation il y a quelques jours pour rejoindre le comité de pilotage d’une nouvelle initiative qu’il lance afin de renforcer les liens économiques et de bâtir de nouvelles passerelles entre la France et les États-Unis, écrit-il. Cécilia et moi croyons fermement en cette initiative et en son potentiel pour créer une véritable plateforme de dialogue et de coopération entre nos deux pays ».

L’initiative en question ? Le « Cercle 1778 », en référence à l’année où deux accords signés à Paris ont scellé la naissance officielle de l’alliance franco-américaine pendant la guerre d’indépendance des États-Unis. Domiciliée dans le XVIe arrondissement de Paris, la société de Louis Sarkozy, lui-même âgé de 29 ans, est fort jeune. Ses statuts ont été déposés le 1er août dernier, avec un capital de départ de 20 000 euros. Pour l’heure, elle n’a pas de site Internet.

« Communauté de confiance » à « dimension patriotique »

Son objet comprend « l’organisation et l’animation d’un cercle privé de dirigeants destiné à renforcer les relations économiques, stratégiques et culturelles entre la France et les États-Unis, ; l’organisation de dîners, déjeuners, forums, conférences, voyages d’étude et missions économiques ; la mise en relation de décideurs privés et publics ; l’édition et l’exploitation d’une plateforme numérique et de contenus réservés aux membres ». Sans oublier, évidemment, « la perception de cotisations d’adhésion, droits de participation, recettes de parrainage et de mécénat ».

Sollicité par Le Point, Louis Sarkozy nous fait savoir, dans un message écrit, que « le Cercle 1778 est une initiative franco-américaine indépendante ». Une « communauté de confiance » portant une « dimension patriotique », et qui « a vocation à réunir entrepreneurs, dirigeants, investisseurs, scientifiques, intellectuels et personnalités publiques autour des grands enjeux qui façonneront les prochaines décennies : économie, intelligence artificielle, innovation, nouvelles technologies, investissement, industrie et compétitivité ».

Et de préciser : « L’une de ses missions centrales est également d’accompagner une nouvelle génération d’entrepreneurs français en leur donnant accès à des personnalités et à des réseaux de premier plan, en France comme aux États-Unis ».

En clair, il s’agit de monter un nouveau réseau d’influence entre les deux rives de l’Atlantique. Un peu à la manière du French American Business Council – coprésidé par le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, et auquel appartiennent de nombreux patrons de premier plan – ou de la Chambre franco-américaine de commerce. Qui a déjà rejoint le « Cercle 1778 » ? « Malheureusement, je garde l’identité de nos membres confidentielle », évacue Louis Sarkozy.

Rebondir après une entrée compliquée en politique

« Nous espérons vivement que vous accepterez l’invitation de Louis, poursuit son beau-père Richard Attias, dans sa missive aux grands patrons. Cet engagement ne devrait pas être particulièrement exigeant en termes de temps, mais votre expérience, votre perspective et votre soutien seraient extrêmement précieux pour ce projet ».

Un chef d’entreprise ainsi sollicité donnera-t-il suite ? Rien n’est moins sûr, tant le profil de Louis Sarkozy interroge. Certes, le fils de l’ex-locataire de l’Élysée, peut se targuer d’avoir un épais carnet d’adresses en France comme aux États-Unis, où il a longtemps vécu. Mais ce proche de Sarah Knafo n’a pas réussi son atterrissage politique en France, ayant été sèchement battu aux municipales de Menton, en mars dernier. Arrivé en troisième position au premier tour, il avait dû se retirer du second round.

Reste à voir si sa nouvelle petite boutique franco-américaine, dont son épouse, Nathalie Husic, diplômée de Georgetown et formée chez Richard Attias, est la directrice générale, lui permettra de se donner un nouveau souffle.