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OMS. Qui est Tedros Adhanom Ghebreyesu ?

SANTE Originaire d’Éthiopie, le Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé a effectivement plusieurs réalisations importantes à son actif depuis sa nomination en 2017. Il faut simplement distinguer ce que le directeur a personnellement impulsé de ce qui relève du travail collectif des États membres de l’OMS.

Tedros a profondément renforcé la préparation aux pandémies

À la suite de la pandémie du Covid, l’OMS a notamment créé ou renforcé :

  • le WHO Hub for Pandemic and Epidemic Intelligence à Berlin ;
  • le Global Health Emergency Corps, pour disposer d’une réserve internationale de personnels spécialisés ;
  • le BioHub, en Suisse, pour faciliter le partage sécurisé de matériel biologique ;
  • des capacités de production de vaccins et de technologies à ARN messager dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ;
  • le Pandemic Fund, avec la Banque mondiale. Celui-ci avait déjà distribué 1,4 milliard de dollars de subventions à 128 pays en juin 2026.

C’est un domaine où Tedros a clairement essayé de transformer les leçons du COVID en architecture permanente de sécurité sanitaire mondiale.

Le traité international sur les pandémies

Après plus de trois années de négociations, les États membres de l’OMS ont adopté en mai 2025 le WHO Pandemic Agreement, premier accord international de ce type.

Son objectif est notamment d’améliorer :

  • le partage des informations ;
  • l’accès aux vaccins et traitements ;
  • la production mondiale ;
  • la préparation aux futures pandémies ;
  • la coopération internationale.

Ce sont les États membres qui l’ont négocié et adopté.

COVAX et l’accès mondial aux vaccins

L’OMS a participé à la création de COVAX, avec ses partenaires internationaux.

Entre 2020 et 2021, plus d’un milliard de doses de vaccins COVID ont été distribuées par COVAX en douze mois, et plus de 1,4 milliard avaient été livrées à la fin de 2021.

La faiblesse de COVAX est toutefois qu’il n’a pas empêché les énormes inégalités initiales d’accès aux vaccins.

Tedros a fait de l’équité sanitaire une priorité

Il insiste énormément sur la notion de « health equity », c’est-à-dire réduire l’écart entre les populations riches et pauvres.

Sous son mandat, l’OMS a renforcé son action autour de la couverture sanitaire universelle, de l’accès aux médicaments et du renforcement des systèmes de santé.

Ce chiffre ne signifie évidemment pas que ces 431 millions de personnes sont le résultat exclusif de l’action de l’OMS.

L’OMS a  contribué à faire progresser la lutte contre les maladies infectieuses

En 2023 notamment :

  • Azerbaïdjan, Tadjikistan et Belize ont été certifiés exempts de malaria ;
  • plusieurs pays ont éliminé certaines maladies tropicales négligées ;
  • des vaccins contre la malaria ont été introduits ;
  • à la lutte contre la polio a continué à progresser.

L’Organisation a également recommandé le premier vaccin contre le paludisme à grande échelle. Selon l’OMS, ce vaccin pourrait contribuer à éviter 40 000 à 80 000 décès d’enfants par an lorsqu’il est associé aux autres mesures antipaludiques.

L’OMS a renforcé la lutte contre les maladies tropicales négligées

Au cours de 2022-2023, 14 pays ont éliminé au moins une maladie tropicale négligée, portant à 50 le nombre de pays ayant obtenu la reconnaissance de l’OMS pour l’élimination d’au moins une de ces maladies.

L’OMS est restée  opérationnelle malgré le COVID

Pendant 2020-2021, l’OMS a dû gérer 87 urgences sanitaires en plus de la pandémie de COVID-19.

L’OMS a procédé à l’évaluation d’urgence de 10 vaccins COVID, permettant leur utilisation internationale rapide.  En 2025, les États membres ont également adopté des amendements au Règlement sanitaire international (RSI).

L’OMS a donc réussi, avec les États membres, à faire évoluer les règles internationales de préparation et de réponse aux pandémies.

On ne peut pas faire le bilan de la direction de l’OMS sans reconnaître qu’elle a été fortement critiquée pendant les premiers mois de la pandémie.

Les principales critiques portent sur :

  • la lenteur initiale de la réaction internationale ;
  • la dépendance de l’OMS vis-à-vis des informations fournies par les États ;
  • sa relation avec la Chine ;
  • les inégalités considérables d’accès aux vaccins.

L’OMS ne dispose pas des pouvoirs d’un gouvernement mondial : elle dépend largement des États membres. C’est une limite fondamentale qu’il faut prendre en compte pour juger son organisation.