ONU. La situation en Ukraine
Le discours de l’office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) du 9 octobre 2026 décrit une aggravation de la situation humanitaire en Ukraine, à la suite d’attaques récentes ayant touché plusieurs régions. Des zones résidentielles, des transports publics et des infrastructures civiles ont été endommagés.
Plusieurs villes sont citées :
- Pryluky : des bâtiments résidentiels ont été frappés et des familles, dont des enfants, ont été tuées.
- Kyiv et Kremenchuk : des habitations et immeubles ont été endommagés.
- Kyiv : les attaques contre les infrastructures énergétiques ont provoqué des perturbations de l’électricité et de l’eau.
- Kramatorsk : des bus publics ont été touchés, causant des morts et des blessés.
L’idée centrale est que chaque nouvelle attaque augmente les souffrances des civils et affaiblit davantage les services essentiels.
Le risque lié à l’hiver
À l’approche de l’hiver, les attaques contre les infrastructures essentielles représentent une menace particulièrement grave. Les systèmes d’électricité, de chauffage et d’approvisionnement en eau sont déjà affectés. Les coupures d’électricité, qu’elles soient programmées ou d’urgence, ont repris dans certaines régions, notamment à Kyiv. Le problème est double il faut réparer les infrastructures endommagées et empêcher qu’une nouvelle attaque ne détruise à nouveau les services qui viennent d’être rétablis. Les autorités locales et les organisations humanitaires tentent de répondre à cette situation en fournissant notamment : des générateurs ; du matériel ; de l’aide financière ; une assistance d’urgence. La préparation à l’hiver doit commencer avant l’hiver.
Le Winter Response Plan
Le discours mentionne un plan de réponse hivernale de 358 millions de dollars, destiné à aider plus de deux millions de personnes vulnérables. L’aide doit notamment couvrir : le chauffage ; l’hébergement ; la nourriture ; les soins de santé ; l’aide financière et d’autres besoins essentiels. Cependant, l’efficacité du plan dépend de la disponibilité rapide des ressources. Il faut pouvoir prépositionner les fournitures, réparer les logements et les systèmes de chauffage et renforcer les capacités des communautés avant que les températures ne chutent davantage. Aucune préparation humanitaire ne peut remplacer la protection des infrastructures civiles.
Les populations vivant dans les zones difficiles d’accès
Une deuxième préoccupation concerne les civils vivant dans des territoires occupés par la Fédération de Russie ou dans des zones proches de la ligne de front contrôlées par le gouvernement ukrainien. Le discours prend Oleshky comme exemple d’une situation plus large. Dans ces régions, les populations sont confrontées à une forte insécurité ; des pénuries alimentaires ; un accès limité aux soins médicaux ; des attaques de drones ; des mines ; des combats persistants ; des difficultés majeures pour se déplacer ou être évacuées. Ces conditions rendent également très dangereuse la livraison de l’aide humanitaire.
L’OCHA propose donc des solutions pratiques permettant : d’organiser des évacuations sûres et volontaires ; de garantir l’accès de l’aide humanitaire aux civils ; de permettre aux organisations humanitaires d’intervenir de manière sûre et impartiale. Le message est que les besoins humanitaires n’ont pas diminué ; au contraire, l’urgence s’est accrue.
L’accès humanitaire : l’exemple de Beryslav
Un convoi inter-agences est parvenu à atteindre Beryslav, dans la région de Kherson, où plus de 300 civils vivent encore dans des conditions d’accès extrêmement difficiles. Le convoi, composé notamment de partenaires de l’ONU, de la Croix-Rouge et d’ONG, a apporté de la nourriture ; des médicaments et des produits d’hygiène. Cet exemple illustre le principe selon lequel l’aide doit continuer à parvenir aux populations, même dans les zones proches des combats. Mais le discours insiste sur une limite fondamentale : le courage des travailleurs humanitaires ne peut pas remplacer leur protection.
Respect du droit international humanitaire
Une partie importante du discours rappelle les obligations découlant du droit international humanitaire. Les travailleurs humanitaires doivent être : respectés et protégés. Les parties au conflit doivent également permettre le passage rapide et sans entrave de l’aide humanitaire impartiale destinée aux civils dans le besoin. Lorsque les travailleurs humanitaires sont attaqués ou que les déplacements deviennent trop dangereux, ce sont finalement les civils qui en subissent les conséquences. L’aide est retardée ; il y a moins de possibilités d’évacuation ; l’isolement accru des communautés.
Les drones et les nouvelles technologies ne changent pas les règles
Le discours reconnaît que la manière de faire la guerre évolue, notamment avec l’utilisation des drones et d’autres technologies. Mais il rappelle que l’évolution des moyens militaires ne modifie pas les obligations juridiques des parties. Même dans le contexte de nouvelles technologies, les parties doivent : protéger les civils ; protéger les biens civils ; protéger les infrastructures essentielles ; prendre toutes les précautions possibles pour éviter ou limiter les dommages causés aux civils et respecter et protéger le personnel humanitaire. Le discours précise également que des dommages civils et matériels sont signalés sur le territoire de la Fédération de Russie, et souligne que les obligations du droit international humanitaire s’appliquent à toutes les parties, quel que soit le lieu des opérations militaires. L’hiver à venir est comme un test non seulement pour les infrastructures, mais également pour la capacité des systèmes civils essentiels à continuer de fonctionner sous des attaques répétées.
Il insiste sur les conséquences humaines de cette situation : une famille ne devrait pas avoir à choisir entre rester sans chauffage ni eau et abandonner son domicile. De même, une personne âgée ne devrait pas être bloquée parce que la route permettant de partir est trop dangereuse.
Les trois demandes principales
Le discours se termine par trois priorités immédiates :
Protéger les civils et les infrastructures essentielles Les parties doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les infrastructures dont dépendent les populations, quelle que soit l’arme utilisée.
Garantir l’accès humanitaire et les évacuations Les parties doivent parvenir à des arrangements permettant : l’acheminement de l’aide humanitaire vers les civils partout où elle est nécessaire ; des évacuations sûres et volontaires lorsque celles-ci sont nécessaires.
Protéger les travailleurs humanitaires et assurer la responsabilité Le personnel humanitaire doit être respecté et protégé. Lorsque des incidents se produisent, ils doivent faire l’objet d’enquêtes crédibles et de mécanismes de responsabilité.
Les attaques répétées contre les civils et les infrastructures essentielles aggravent progressivement la crise humanitaire en Ukraine, particulièrement à l’approche de l’hiver. Le message de l’OCHA est que l’aide humanitaire peut atténuer les conséquences de la guerre, mais ne peut pas remplacer la protection des civils et des infrastructures. La priorité est donc de permettre aux populations de conserver des choix : rester dans leur communauté dans des conditions aussi sûres que possible, recevoir l’aide nécessaire, ou partir volontairement et en sécurité lorsque la situation l’exige.

