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NOYAUZERONETWORK.ORG / GENEVA, SWITZ.
Installation. Henrique Oliveira: Au bord de l’explosion.

MEGAPOLE. Créées à partir de matériaux récupérés dans la rue, les installations de l’artiste brésilien dévorent l’espace. Fantomatiques, tentaculaires, elles sont des métaphores de l’extension urbaine.

Tapumes est le mot portugais pour « clôtures », c’est aussi le nom utilisé pour la plupart des installations du Brésilien Henrique Oliveira. Dans les années 1990, alors qu’il est encore étudiant, il remarque les enceintes en contreplaqué qui cachent les chantiers : « Les vieux murs, les extérieurs détériorés et les clôtures temporaires en bois sont monnaie courante au Brésil. Ils sont devenus mes objets de recherche favoris. » Leur texture, leurs qualités picturales et leurs différentes couches lui rappellent les techniques de peinture qu’il étudie alors à l’université de Sao Paulo, sa ville natale.

 

La mégapole, cœur bouillonnant de l’économie brésilienne où il vit toujours, nourrit depuis lors l’œuvre de l’artiste qui confie : « Si je devais mettre en avant une de mes sources d’inspiration, ce serait les rues de ma ville. J’aime l’aspect abandonné des zones urbaines délaissées par le gouvernement. »

Nourri de cette identité culturelle forte, Henrique Oliveira utilise des matériaux récupérés dans la rue pour construire des métaphores de l’extension urbaine qu’il matérialise dans des installations sensationnelles. Ces supports familiers mutent pour prendre l’aspect de « structures organiques comme les racines des arbres, les tumeurs, les organes ». Dans le centre-ville de Porto Alegre, il a jeté son dévolu sur une vieille maison qui, après son passage, semblait gonfler sans cesse pour laisser échapper ses fantômes. Ses œuvres, qui interagissent très souvent avec l’architecture du lieu qui les accueille –  entre les murs d’un escalier, le plafond et le sol, l’étendue d’un mur ou la surface d’une maison – semblent prêtes à exploser. Il y a un an, à Paris, à la galerie Vallois, deux formes torsadées brisaient ainsi le sol et le plafond dans une grande violence, comme si un arbre avait poussé très rapidement. (Cles)