New state. Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement le Somaliland,
AUTONOMIE Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement le Somaliland, une région autonome qui a fait sécession de la Somalie en 1991 après l’effondrement de l’État somalien. Cet accord réciproque permet à Israël d’élargir ses relations diplomatiques dans le monde musulman, dans l’esprit des accords d’Abraham, et ouvre la voie à une coopération avec le Somaliland dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la technologie et de l’économie.
Cette reconnaissance a toutefois suscité une forte opposition internationale. La Somalie a dénoncé une violation de sa souveraineté, affirmant que le Somaliland fait partie intégrante de son territoire. L’Union africaine, ainsi que des pays comme l’Égypte, la Turquie et Djibouti, ont également rejeté toute reconnaissance du Somaliland, craignant qu’elle n’encourage d’autres mouvements séparatistes en Afrique et ailleurs.
Historiquement, le Somaliland correspond à l’ancien protectorat britannique, distinct de la Somalie italienne. Bien qu’il ait développé depuis plus de trente ans des institutions étatiques fonctionnelles — gouvernement élu, monnaie, forces de sécurité — et une relative stabilité, il n’a jamais obtenu de reconnaissance internationale, ce qui limite son accès aux marchés, aux accords de sécurité et à la diplomatie internationale.
Le texte rappelle aussi les tensions récentes, notamment les combats depuis 2023 autour de la ville de Las Anod et les accusations de violations des droits humains portées par Amnesty International. Enfin, il souligne que le Somaliland cherche depuis longtemps un soutien américain, notamment sous l’ère Trump, afin d’obtenir une reconnaissance officielle en échange d’accords stratégiques, mais que cette reconnaissance comporte des risques de déstabilisation régionale et de renforcement de groupes armés comme Al-Shabab.
La reconnaissance du Somaliland par Israël constitue un acte diplomatique à forte portée stratégique, remettant en cause le principe d’intangibilité des frontières africaines défendu par l’Union africaine depuis les indépendances. En soutenant un territoire sécessionniste non reconnu, Israël cherche à élargir son réseau d’alliés dans le monde musulman et à renforcer sa présence géopolitique dans la Corne de l’Afrique, une zone clé reliant la mer Rouge, le golfe d’Aden et les routes maritimes vers l’Asie et l’Europe.
Pour le Somaliland, cette reconnaissance représente une rupture majeure avec son isolement diplomatique, ouvrant la possibilité d’accords sécuritaires, économiques et militaires. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à monnayer sa position géostratégique — ports, accès maritime et infrastructures aériennes — contre une reconnaissance internationale, notamment de la part des États-Unis et de leurs alliés.
La réaction hostile de la Somalie, de l’Égypte, de la Turquie et de l’Union africaine reflète la crainte d’un précédent dangereux susceptible d’alimenter d’autres revendications indépendantistes sur le continent. L’Égypte, en particulier, voit cette évolution à travers le prisme de la sécurité régionale et du conflit israélo-palestinien, redoutant tout projet de déplacement forcé des Palestiniens et une reconfiguration des équilibres stratégiques en mer Rouge.
Enfin, plusieurs analystes estiment que cette reconnaissance pourrait accroître l’instabilité régionale, fragiliser la Somalie face à des groupes armés comme Al-Shabab et intensifier la rivalité entre puissances régionales et internationales dans la Corne de l’Afrique, transformant le Somaliland en nouvel espace de compétition géopolitique plutôt qu’en facteur de stabilisation.

